Le Bagne de Guyane

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Qui n'a jamais entendu parler du bagne de Guyane ? Pendant plus d’un siècle, La Guyane française a détenu plusieurs dizaines de milliers de détenus français.

On l’appelle le bagne de Guyane mais en réalité il en existe plus d’un. À cela s’ajoute la trentaine de centres pénitentiaires sur tout le territoire. L’histoire très lourde de Guyane est encore bien présente et vous pouvez visiter les vestiges de certains bagnes.

L'histoire des bagnes de Guyane

Histoire bagne guyane

En 1792, une loi décide l’envoi des condamnés politiques et autres forçats sur les terres guyanaises. C’est ainsi que près de 300 détenus ont été envoyés sur ces terres alors hostiles pour y purger leurs peines.

Puis en 1852 Napoléon III accélère le rythme. La situation sanitaire des bagnes en métropole devient critique et les détenus sont entassés. Le risque de maladie est important et la population s’inquiète. Il décide donc de vider ces bagnes et de les exporter en Guyane. Puis une succession de lois favorise l’envoi des condamnés en Guyane. C’est l’hécatombe et le bagne de Guyane est connu pour être le pire de tous les bagnes. 

En 1 siècle, plus de 70 000 condamnés y sont envoyés. Les premiers ont construit les bagnes, les suivants les ont entretenus, agrandis et fait d’autres travaux forcés. Ce n’est qu’en 1953 que les derniers condamnés ont été rapatriés en Métropole.

Par abus de langage, on parle encore aujourd’hui du Bagne Guyanais au singulier. Et pourtant on vous en a présenté 5. Mais ce n’est pas tout, en plus des bagnes il y avait les camps pénitentiaires dont certains se trouvaient en mer au large de Cayenne et de Kourou. 

Plusieurs archives à Paris ont pu être retrouvées pour redonner une parole à tous ces bagnards et rappeler leurs conditions de détention.

Histoire de détendre l’atmosphère on vous suggère d’aller ensuite prendre un peu de hauteur dans le Camp Canopée en pleine forêt Amazonienne, ou encore d’aller dans une jolie réserve naturelle comme les Marais de Kaw pour une parenthèse enchantée au cœur de la nature.

Vous pouvez aussi opter pour une jolie plage de Guyane d’où vous pouvez voir le coucher de soleil et si vous avez un peu de chance, observer les tortues luth. Dans un autre registre mais toujours dans le chapitre “culture générale”, allez faire un tour à Kourou pour visiter le Centre Spatial Européen.

Les différents pénitenciers du territoire

On entend souvent parler des 5 bagnes les plus célèbres, mais sachez que la Guyane comptait, à l'époque, une trentaine de bagnes ! Eh oui, rien que ça...

Entre terre et mer, les bagnes étaient situés dans des endroits stratégiques qui ne permettaient aucune évasion ou bien très compliquée et périlleuse. On en comptabilisera de nombreuses dans la jungle près de Saint-Laurent du Maroni, ou sur des îles près de Kourou entourées de requins.

Il y a également eu des pénitenciers "flottants" qui étaient tout simplement d'ancien bateau de guerre, amarrer en pleine mer près du rivage. Il y en avait au total 7 situés entre Kourou et Cayenne.

Bagnards célèbres et évasions

  • Alfred Dreyfus :

Un des prisonniers le plus célèbre ! Une affaire retentissante en France, Alfred Dreyfus accusé à tort se voit condamné d'une peine à perpétuité au bagne de Guyane. Néanmoins, il restera emprisonné "seulement" 5 ans (oui c'est déjà pas mal...) sur l'île du Diable.

  • Henri Charrière alias Le papillon :

Avec plusieurs livres et films à son sujet, Henri Charrière est lui aussi devenu mondialement connu suite à ses évasions ! Également condamné à perpétuité, le bagnard tout droit venu de Paris ne va pas s'en arrêter là. Avec un total de 13 années enfermé, le Papillon comptabilise 8 tentatives d'évasions dont une ayant duré 3 mois, et finalement la liberté à la clef pour la deuxième. Il réussit à rejoindre le Vénézuela où il passera le reste de sa vie.

  • René Belbenoit :

Ce bagnard est connu pour ses différentes évasions, dont la première, en radeau seulement 2 semaines après son arrivée en Guyane. Attrapé puis enfermé à nouveau, Belbenoit tenta une seconde évasion très rocambolesque (on vous épargnera les histoires de meurtres entre le groupe formé avec les autres évadés...) il sortira définitivement après 13 ans de bagnes à la suite de sa 4ème tentative où il réussit à rejoindre Los Angeles.

Lesquels faut-il visiter en Guyane ?

visite des bagnes guyane

Hôpital de l'île du Salut

1. Bagne de Cayenne

Le Bagne de Cayenne est le premier bagne à avoir été construit en Guyane en 1854 pour remplacer les bagnes de la métropole. Bien qu’apparemment moins pénible que le bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, on lui a tout de même attribué le surnom de "guillotine sèche”. En effet, les conditions de vie étaient très difficiles, les maladies se développaient à vitesse grand V et le taux de mortalité ne cessait d’augmenter. Sur les 17 000 détenus qui y ont séjourné, 10 000 y sont morts.

Au bagne de Cayenne il y avait 4 dortoirs, et près de 80 cellules. Il y a également une infirmerie, des cuisines et des petites maisons pour le personnel du camp. 

Peut-on le visiter ? Bien qu’il ne soit pas le plus entretenu, on peut encore y voir quelques vestiges.

2. Bagne des Îles du Salut

bagne-guyane-ile-salut

Les Îles du Salut sont au nombre de 3 : l’île Royale, l’île Saint-Joseph et l’île du Diable. Sur la première ont été construits l’hôpital et l’administration pénitentiaire du bagne dont vous pouvez voir les vestiges. Sur l’île Saint-Joseph, on envoyait les prisonniers un peu plus difficiles. La végétation a bien repris le dessus, mais vous pouvez encore voir quelques vestiges. 

L’île du Diable était, quant à elle, réservée aux prisonniers politiques. C’est ici qu’Alfred Dreyfus a passé 4 longues années, isolé de tous dans une cellule sans lumière et dans des conditions de vie épouvantables.

Peut-on le visiter ? L’île Royale et l’Île Saint-Joseph sont accessibles et vous pouvez les visiter. En revanche, l’île du Diable est inaccessible, mais les bateaux qui vous emmènent en excursions s’en approchent de très près pour que vous puissiez apercevoir les lieux.

Notre conseil : les îles du Salut sont évidemment connues pour le bagne. En revanche, profitez d’être dans le coin pour une partie de pêche au gros. Un sport très pratiqué en Guyane et surtout aux alentours des îles du Salut.

3. Bagne de Saint Laurent du Maroni

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Le Bagne de Saint-Laurent-du-Maroni est probablement le plus connu de tous, le plus visité et le mieux conservé. Il a été construit en 1958 et c’est là qu'arrivent en premier lieu des détenus. Il est notamment réputé pour avoir enfermé trois prisonniers très connus dont le célèbre Capitaine Dreyfus avant qu’il soit envoyé sur les îles du Salut. 

En visitant le bagne, vous pourrez voir les cellules des prisonniers, les différents quartiers, le blockhaus, la cour, les sanitaires et… La Guillotine. On vous laisse le soin de découvrir l’utilité de chaque partie bien qu’on puisse assez bien imaginer leurs fonctions...

Peut-on le visiter ? Oui ! Les lieux ont été aménagés et une exposition permanente vous explique tout le passé pénitentiaire de Saint-Laurent-du-Maroni. Vous pouvez visiter le bagne avec un guide. Passionnant !

Notre conseil : après la visite du Bagne, on vous conseille de descendre le Fleuve Maroni en Pirogue et vous arrêter aux villages qui bordent le fleuve, surtout à Apatou. C’est très joli et encore bien préservé.

4. Bagne des Annamites (Ou Camp Crique Anguille)

bagne-guyane-annamites

Credit : Wikimedia


On l’appelle aussi le Camp Crique Anguille. C’est le petit dernier construit à l’entre-deux-guerres, en 1930 en même temps que quelques autres camps pénitentiaires. Contrairement aux autres bagnes, le bagne des Annamites n’a jamais appartenu à l’administration pénitentiaire de France mais directement au gouverneur de Guyane.

Il a été construit pour enfermer les prisonniers politiques indochinois. L’objectif était de construire le bagne dans la région de l’Inini, afin que les bagnards condamnés aux travaux forcés participent à son développement. Il a été fermé en 1945 et les indochinois graciés se sont installés à Cayenne dans le quartier Chinois, qui existe encore aujourd’hui.  

Peut-on le visiter ? Oui mais il faut marcher un peu. En effet, il a été construit au cœur de la forêt et 40 minutes de marche sont nécessaires pour l’atteindre. Vous y verrez les vestiges des Wagons, la cuisine et les petites cellules. 

Notre conseil : après la visite, suivez l’ancienne ligne de chemin de fer pendant une bonne demi-heure avant d’arriver à la Crique Anguille. Un petit coin charmant où on aime pique niquer. Pensez juste que pour le retour vous aurez une grosse heure de marche avant de retrouver votre voiture de location ;-)

5. Bagne de Mana (Bagne des femmes)

Le statut de bagnard n’est pas réservé qu’aux hommes. Bien qu’il y ait beaucoup moins de femmes condamnées, certaines ont eu le droit à leur séjour en Guyane. Pour quels motifs ? Il s’agissait des femmes condamnées pour prostitution, infanticide, avortement, insoumission, insolence, mensonges...

Cependant la déportation en Guyane ne se faisait que si elles étaient volontaires et avaient entre 25 et 35 ans.

La vraie raison de leur envoi et la principale préoccupation des responsables pénitentiaires ? Que les femmes condamnées et envoyées en Guyane épousent les bagnards pour ensuite avoir des enfants. Il fallait bien peupler le territoire ! Cela dit, le bilan n’est pas du tout à la hauteur des objectifs… Seules 517 femmes ont été envoyées et peu d’entre elles se marièrent.

Ces femmes étaient donc enfermées au bagne de Mana qui était encadré par les sœurs de Saint Joseph de Cluny. Les conditions de vie au bagne de Mana étaient bien moins difficiles que pour les hommes. Elles y faisaient de la couture, de la vannerie ou du maraîchage pour leur propre consommation et étaient globalement mieux traitées que les hommes.

Peut-on le visiter ? Non. Il ne reste plus rien de ce bagne. Mais connaître son existence est important ;-)

C'est un vrai voyage dans le temps dont vous allez avoir droit ici ! Bien que la Guyane ne se résume pas qu'à son service pénitencier, c'est important de connaître son histoire.

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